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Les ténias sont des parasites digestifs relativement fréquents chez nos FidelAmis, d’autant plus que le cycle évolutif de Dipylidium caninum est associé à la présence de puces.
Voici tout ce que vous devez savoir sur ces charmants petits êtres…
Éléments de parasitologie
Dipylidium caninum est un ténia commun au chien et au chat. Il fait partie de la famille des Cestodes, vers plats segmentés.
Les adultes vivent dans l’intestin grêle du chien ou du chat (hôtes définitifs). Ils ont l’aspect d’un long ver blanc en ruban, mesurant de 15 à 70 cm de long pour 2 à 3 mm de large.

Leur reproduction donne naissance à des segments ovigères, sortes de petits tonneaux blanchâtres, d’environ 0,5 cm de longueur, rejetés par l’anus au cours ou en dehors de la défécation. Ces segments contiennent des capsules ovifères, elles-mêmes remplies d’une vingtaine d’œufs.

Dans le milieu extérieur, ces œufs peuvent survivre de 1 à 4 mois. Ils sont ensuite ingérés par des larves de puces (Ctenocephalides felis ou Ctenocephalides canis) (hôtes intermédiaires), qui sont détritivores. Les œufs se transforment alors en larves cysticercoïdes qui peuvent persister de 4 à 8 mois dans les cocons de puces, ou se développer dans la larve puis la pupe des puces et devenir alors infestantes chez la puce adulte en 40 jours environ. Les chiens ou chats s’infestent par ingestion d’une puce adulte, et le ténia adulte se forme alors dans leur intestin grêle en 4 à 6 semaines. Les poux peuvent aussi servir d’hôte intermédiaire.
Manifestations cliniques
Le téniasis est le plus souvent inapparent.
Néanmoins, la présence des vers adultes dans l’intestin grêle entraîne une spoliation en glucides, vitamines, oligoéléments, qui peut entraîner un état de maigreur chez des jeunes en croissance ou des individus sous-alimentés ou surinfestés. Des symptômes nerveux à type de convulsions sont parfois observés.
Les signes digestifs peuvent se manifester sous plusieurs formes :
- appétit irrégulier, parfois exacerbé (boulimie) ;
- troubles du transit intestinal avec selles molles ou diarrhéiques ;
- élimination des segments ovigères par l’anus ; ils sortent de manière active, puis s’enroulent sur eux-mêmes ; en se desséchant ils prennent un aspect caractéristique en « grain de riz » blanchâtre de 3 à 5 mm de longueur ; on les retrouve sur les poils ou au bord de l’anus, sur les selles, les lieux de couchage…
Des démangeaisons de l’ensemble du corps ou localisées à l’abdomen sont également possibles, particulièrement accentuées en cas d’infestation massive par les puces ou de dermatite par allergie aux piqûres de puces.
Traitement
Il repose sur la vermifugation. De nombreuses molécules sont actives sur les ténias : prazicantel, niclosamide, mébendazole, flubendazole, milbémycine, moxidectine, etc. Les laboratoires pharmaceutiques sont de plus en plus attentifs à la fabrication de médicaments faciles à administrer : comprimés appétents permettant une prise spontanée par l’animal, spot-on à déposer sur la peau et ayant une action générale…
Bien sûr, des traitements antiparasitaires externes destinés à lutter contre l’infestation par les puces doivent être associés, ainsi qu’un traitement de l’environnement.
Même si les répercussions du téniasis sur votre FidelAmi sont généralement peu visibles, vermifugez-le régulièrement et traitez-le contre les puces. Il va aussi de votre santé et de celle de vos proches : l’infestation d’un humain, bien que très rare, est possible par l’intermédiaire de la salive d’un chien ayant écrasé une puce infestée entre ses dents ou lors de l’ingestion accidentelle d’une puce par un enfant…
Claire Allgeyer, Docteur vétérinaire



